JEAN NICOLI : UN HOMME HORS DU COMMUN

Jean Nicoli naquit le 1er septembre 1899 à San Gavinu di Carbini, avant-dernier d’une famille de cinq enfants

Jean Nicoli naquit le 1er septembre 1899 à San Gavinu di Carbini, avant-dernier d’une famille de cinq enfants. Il étudie et devient instituteur. Faute d’autre perspective, poussé, aussi, pour ce qui le concerne, par la passion de découvrir le monde, il part, avec son épouse, Marie-Jeanne, institutrice, en février 1925, enseigner " aux colonies ", en " Afrique occidentale française ". Le couple, qui a eu deux enfants, un garçon et une fille, quitte, en 1934, le continent africain. Jean Nicoli regagne la Corse en 1936. Il perd sa femme en 1937. Mobilisé dans le génie à Corte, puis à Rodez, il retrouve son île après l’armistice de 1940. Il y devient l’un des responsables du Front national et organise la réception des armes parachutées par les avions alliés...

Il est arrêté, le 27 juin 1943, à Ajaccio, victime d’un informateur, par des agents de l’OVRA. Des tentatives pour le faire libérer échouent. Il est transféré à Bastia, le 27 août, pour y être " jugé ", avec d’autres résistants, par le tribunal militaire de guerre des forces armées de la Corse ...

« Jean Nicoli refuse d'être fusillé dans le dos (comme le précisait sa condamnation) il dit à ses bourreaux :"Vous n'avez pas le courage de me regarder dans les yeux… Vous êtes des lâches !", il est alors sauvagement frappé à coups de crosse, et décapité à coups de poignard... »

Jean Nicoli est assassiné au matin du 30 août 1943 dans la cour d’honneur de notre établissement, à quelques jours de la capitulation de l’Italie fasciste (le 8 septembre), de l’insurrection, le même jour, de la Corse, et de la libération de l’île (le 4 octobre). Jean Nicoli a écrit à ses enfants le 30 août, vers trois heures du matin, juste avant que ses « bourreaux » (les Chemises noires), ne viennent le chercher pour l'assassiner sauvagement. Francette, sa fille a pieusement conservé cette lettre griffonnée à la hâte ...

« A mes enfants, Tout à l'heure je partirai.     Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. DEBUT DE LA PRESENTATION Ne pleurez-pas, souriez-moi. Soyez fier de votre papa. Il sait que vous pouvez l'être, la tète de Maure et la fleur rouge, c'est le seul deuil que je vous demande. Au seuil de la tombe, je vous dis que la seule idée qui, sur notre pauvre terre, me semble belle, c'est l'idée communiste. Je meurs pour notre Corse et pour mon Parti   ».

©- Lycée Jean Nicoli - juin 1998
DEBUT DE LA PRESENTATION